Quelque 8,4 millions de Cubains sont appelés à répondre par oui ou par non à la question : « Êtes-vous d’accord avec le Code des familles ? ».
À la mi-journée, 37,3 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes, selon le Conseil électoral national. Les bureaux de vote fermeront à 18 h locales (22 h GMT).
Dans l’après-midi, dans le centre de La Havane, les électeurs arrivaient au compte-gouttes dans les bureaux de vote, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« C’est un dimanche plutôt tranquille. Si on le compare à d’autres scrutins, c’est différent, on ne voit pas d’enthousiasme », a déclaré à l’AFP Eduardo, un électeur de 57 ans qui n’a pas souhaité donner son nom.
Elio Gomez, un ex-professeur de marxisme de 78 ans, a voté tôt dans une école de la vieille Havane. « Peut-être qu’il y a quelques années, je n’aurais pas accepté ce code, mais il faut comprendre que les sociétés évoluent […]. C’est un code très humain, totalement inclusif », a-t-il expliqué.
La nouvelle loi, qui dépoussière en profondeur le texte en vigueur depuis 1975, définit le mariage comme l’union de « deux personnes », ce qui légalise le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale.
Outre un renforcement des droits des enfants, personnes âgées et handicapées, elle introduit la possibilité de reconnaître légalement plusieurs pères et mères, outre les parents biologiques, ainsi que la gestation pour autrui sans fins lucratives.
Plusieurs de ces sujets restent sensibles à Cuba, dans une société encore empreinte de machisme et dont le gouvernement communiste a ostracisé les homosexuels dans les années 1960 et 1970.
Néanmoins, ces vingt dernières années, l’attitude des autorités envers les homosexuels a nettement évolué, et le « oui » a fait l’objet d’une intense campagne gouvernementale.
Le président Miguel Diaz-Canel a voté avec son épouse dans un quartier de l’ouest de La Havane. Le Code de la famille « est une loi juste, nécessaire, actualisée et moderne qui donne des droits et des garanties à tous », a-t-il insisté.
En chemise militaire, l’ex-président Raul Castro (2006-2018) s’est également rendu aux urnes.

