La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), du Premier ministre sortant Jean Patrick Boivert, ainsi que des représentants du corps diplomatique, des acteurs politiques, de la société civile, et des forces de sécurité haïtiennes. Garry Conille a souligné les défis majeurs auxquels le pays est confronté, notamment les violences et l’insécurité, les crises humanitaires et l’instabilité politique, appelant à une action concertée pour transformer ces défis en opportunités de rebâtir Haïti sur des bases plus solides et plus justes.
Le gouvernement de Garry Conille est composé de 14 ministres, dont quatre femmes, pour un total de 18 ministères. Certains ministres portent donc une double casquette. Le Premier ministre lui-même est également en charge du ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales.
Dominique Dupuy, jusque-là ambassadrice d’Haïti à l’UNESCO, prend la tête du ministère des Affaires étrangères et des Cultes ainsi que du ministère des Haïtiens vivant à l’étranger. Elle avait brièvement été pressentie par un groupe lié à l’ancien Premier ministre Claude Joseph pour rejoindre le conseil de transition avant de se retirer, invoquant des menaces.
Ketleen Florestal, spécialiste en économie et en affaires internationales avec une carrière au FMI et à la Banque mondiale, prend les rênes du ministère de l’Économie et des Finances ainsi que du ministère de la Planification et de la Coopération externe. Sa mission sera cruciale pour la relance économique du pays, en coordination avec les partenaires internationaux.
Me Carlos Hercule, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince et ex vice-président du Conseil électoral provisoire, se voit attribuer le ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Il aura la tâche ardue de réformer un système judiciaire paralysé et de soutenir la police nationale dans sa lutte contre les gangs armés.
La rencontre de Garry Conille avec l’ambassadeur américain Dennis Hankins souligne l’importance du soutien international dans cette période de transition. Les discussions ont porté sur l’appui des États-Unis à une force de sécurité longtemps retardée, destinée à renforcer la police haïtienne dans sa lutte contre les gangs.
Le ministre des Travaux Publics, Transports et Communications, Raphaël Hosty, apportera son expertise acquise au sein de la CAMEP et de la DINEPA pour réhabiliter les infrastructures du pays. Enseignant à l’université GOC, Hosty a une longue expérience dans le domaine de l’eau potable et de l’hydrologie.
Georges Wilbert Franck, syndicaliste de renom, assume les fonctions de ministre des Affaires Sociales et du Travail. Antoine Augustin, professeur et soutien de l’Accord de Montana, devient ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle ainsi que ministre de la Culture et de la Communication. Sa carrière est marquée par une forte implication dans l’éducation et les projets communautaires.
Dr Georges Fils Brignol, choisi par l’accord du 21 décembre et signataire de l’accord du 3 avril, hérite du ministère de la Santé publique et de la Population. Professionnel de la santé publique, il a occupé divers postes de responsabilité dans des institutions médicales et des organisations internationales.
Des défis sécuritaires et des attentes élevées
L’assassinat de trois policiers le 9 juin par des gangs armés souligne la gravité de la situation sécuritaire en Haïti. Garry Conille a promis de prendre des mesures strictes pour traquer et punir les responsables de tels actes de violence. Le président du CPT, Edgard Leblanc Fils, a rappelé que la mission de ce gouvernement est délicate et historique, soulignant l’importance de rétablir la sécurité, de relancer les activités économiques et sociales, et de préparer des élections libres et transparentes.
Garry Conille a appelé ses ministres à participer vaillamment à un effort commun pour promouvoir une culture du changement. La feuille de route de la transition, détaillée dans l’accord du 3 avril 2024, inclut des chantiers prioritaires tels que la sécurité publique et nationale, le redressement économique, la réhabilitation des infrastructures, et la sécurité alimentaire et sanitaire.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de préparer les forces de sécurité pour faire face aux défis actuels. La réforme et le renforcement des forces nationales de sécurité, ainsi que la lutte contre la corruption et l’impunité, sont des aspects essentiels de cette feuille de route.
Le nouveau gouvernement CPT-Conille a une tâche colossale devant lui. En combinant les compétences de ministres issus de divers horizons et en s’appuyant sur le soutien international, ce cabinet a pour mission de redresser un pays plongé dans une crise profonde. Les attentes de la population sont élevées, et chaque ministre devra apporter sa contribution pour mener à bien cette transition. La sécurité, la justice, l’économie, et les infrastructures sont les piliers sur lesquels ce gouvernement devra se concentrer pour redonner espoir à un peuple en quête de stabilité et de prospérité.

