Dans une vidéo adressée au Premier ministre Garry Conille, Barbecue a déclaré : « Vous n’avez pas distribué des armes dans les quartiers populaires. Ne faites pas le jeu des politiciens traditionnels et des hommes d’affaires, qui avaient utilisé la violence à des fins politiques et économiques, et qui maintenant veulent récupérer, par la force, les armes qu’ils avaient distribuées ».
Il a même promis une forme de coopération : « Nous avons besoin d’un signal. Au lieu de lancer des opérations, il faudrait procéder à l’assainissement des quartiers et au déblocage des routes. Je promets que nous allons rester dans nos fiefs si ce gouvernement veut faire les choses différemment. »
Ce changement de discours est d’autant plus surprenant que l’année dernière, « Barbecue » s’était fermement opposé au déploiement d’une force multinationale, menaçant de lutter contre toute intervention étrangère. Sa nouvelle position intervient quelques jours après que la police haïtienne a lancé une opération contre sa base à Delmas, Port-au-Prince.
Déploiement de la mission kényane
Parallèlement à ces développements, le premier contingent de policiers kényans de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti a quitté Nairobi dans la nuit du 24 juin 2024. Cette mission, prévue pour une durée initiale d’un an, bénéficie du soutien des Nations Unies depuis octobre 2023.
Le Kenya s’est engagé à envoyer un total de 1000 policiers. Le premier groupe de 400 officiers a embarqué lundi soir pour Port-au-Prince, après une cérémonie de remise du drapeau national à l’Académie de police d’Embakasi, à Nairobi. Selon une source proche de la police, 400 autres officiers devraient rejoindre ce premier contingent dans les deux semaines à venir.
La MMAS ne se limite pas au Kenya. D’autres pays, dont le Bénin, le Tchad, le Bangladesh, les Bahamas et la Barbade, devraient également y contribuer. Cette force multinationale a pour objectif de lutter contre les gangs armés qui contrôlent une grande partie de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Le président kényan William Ruto a rappelé à ses hommes « leur responsabilité » et l’importance de « respecter les droits humains » dans cette lourde tâche. Les policiers kényans s’entraînent pour cette mission depuis octobre 2023, et l’un des commandants a assuré que ses hommes étaient prêts. Le matériel nécessaire a déjà été acheminé à Port-au-Prince.
Soutien international et défis
La semaine dernière, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a ordonné au Département d’État de débloquer 109 millions de dollars pour soutenir les forces spéciales kényanes en Haïti et la police nationale haïtienne. Cependant, le déploiement fait face à des obstacles juridiques au Kenya, certains critiques estimant que la mission est dangereuse et inconstitutionnelle.

