José Raúl Mulino, ancien ministre de la Sécurité et maintenant président, a pris ses fonctions hier lundi avec un objectif clair: fermer la route périlleuse du Darien Gap, utilisée par des centaines de milliers de migrants cherchant à rejoindre les États-Unis. Dès ses premières minutes au pouvoir, Mulino a signé un mémorandum d’entente avec le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Alejandro Mayorkas, visant à stopper la migration illégale à travers cette région.
Selon cet accord, les États-Unis financeront les vols de rapatriement des migrants interceptés au Panama. « Nous ne pouvons pas continuer à financer les coûts économiques et sociaux que génère l’immigration illégale massive pour notre pays », a déclaré Mulino lors de son discours inaugural. Ce partenariat vise à « réduire conjointement le nombre de migrants cruellement passés en contrebande à travers le Darien, généralement en route vers les États-Unis », a ajouté une porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche.
Impact sur la politique migratoire et économique
Le Darien Gap, un corridor en grande partie hors-la-loi entre le Panama et la Colombie, a vu plus de 520 000 personnes tenter la traversée l’année dernière, souvent aux mains de passeurs. La majorité des migrants proviennent du Venezuela, de l’Équateur, de la Colombie et de la Chine. L’initiative de Mulino marque un changement majeur dans la politique migratoire du Panama, qui auparavant facilitait le passage rapide des migrants vers le Costa Rica.
Mulino a également promis de relancer l’économie du Panama, fortement endettée par l’administration précédente. « L’état des finances publiques est préoccupant. En cinq ans, ils ont doublé la dette. Avec mon équipe gouvernementale, nous redresserons l’économie et commencerons à progresser », a-t-il affirmé.
Le nouvel accord et les politiques strictes de Mulino pourraient réduire temporairement le nombre de migrants atteignant la frontière américaine. Cependant, cela pourrait également pousser les migrants à emprunter des routes encore plus dangereuses, augmentant ainsi les risques et enrichissant les réseaux de passeurs.
Avec ces initiatives, le président Mulino espère non seulement contrôler la migration illégale mais aussi redresser l’économie panaméenne et gérer des défis comme la gestion du canal de Panama, crucial pour le commerce mondial et récemment affecté par la sécheresse.

