Selon des documents judiciaires, les rivaux politiques de Moïse ont recruté une firme de sécurité de Miami pour engager des ex-soldats colombiens afin de mener à bien l’assassinat et de placer un successeur choisi par eux. Cependant, ils ont réalisé que le soutien des gangs haïtiens était crucial. Des réunions ont eu lieu avec plusieurs chefs de gang pour obtenir leur appui dans les jours précédant l’assassinat du président à son domicile en banlieue de Port-au-Prince.
Un des chefs de gang présents à ces réunions est devenu l’un des fugitifs les plus recherchés par le FBI, avec une récompense de 2 millions de dollars pour des informations menant à son arrestation en lien avec l’enlèvement de 17 missionnaires, dont presque tous étaient des citoyens américains.
Alliance mortelle
Le Miami Herald rapporte que Germine « Yonyon » Joly, le chef notoire du gang 400 Mawozo, a participé à ces réunions par téléphone depuis une prison haïtienne. Joly, extradé vers les États-Unis en mai 2022, a été condamné à 35 ans de prison pour trafic d’armes. Un témoin confidentiel a révélé aux procureurs fédéraux que les gangs avaient été informés du plan d’assassinat et avaient reçu des promesses en échange de leur soutien et de leur silence. Cependant, ces promesses n’ont pas été tenues.
Trois ans après le meurtre de Moïse, de nombreuses questions subsistent sur l’étendue de la conspiration. Les enquêtes à Miami et en Haïti ont révélé des détails substantiels, mais n’ont pas encore identifié un motif clair ni déterminé qui a tiré les coups fatals. Les dossiers fédéraux ont montré des tentatives d’intégrer les gangs dans le plan, mais leur soutien n’a pas vraiment influencé le dénouement.
Des questions sans réponse
Le Miami Herald souligne que Moïse, 53 ans, a été abattu de 12 balles et brutalement battu, tandis que son épouse a été blessée. Depuis, la nation est plongée dans une période de violence et d’instabilité sans précédent, exacerbée par l’évasion de plusieurs suspects clés lors d’un raid de gangs sur la prison nationale haïtienne.
Aujourd’hui, les gangs contrôlent plus de 80% de la capitale et continuent de semer la terreur à travers le pays. L’arrivée récente d’une force internationale armée, menée par le Kenya, vise à stabiliser la situation, mais les défis restent immenses. Les Haïtiens attendent toujours des réponses claires sur les véritables auteurs intellectuels du meurtre de leur président.
Comme le souligne Pierre Esperance, un défenseur des droits humains, les enquêtes en cours n’ont pas encore permis de découvrir qui a financé l’assassinat. « L’enquête n’a jamais identifié la personne qui a payé pour l’assassinat de Jovenel Moïse, » a-t-il déclaré.
Les défis pour la justice et la stabilité en Haïti demeurent colossaux, alors que la nation cherche à tourner la page sur cet épisode tragique et à reconstruire un avenir pacifique.

