Le secteur des cultes réformés, représenté principalement par la Fédération protestante d’Haïti (FPH), la Conférence des pasteurs haïtiens (COPAH) et le Conseil national spirituel des églises (CONASPEH), ne parvient pas à se mettre d’accord sur le choix du pasteur Peterson Pierre-Louis désigné unilatéralement par la FPH. La COPAH et le CONASPEH continuent de dénoncer ce choix qu’ils jugent non consensuel et appellent à la tenue d’élections inclusives pour désigner le représentant.
De son côté, la FPH maintient sa décision et considère les contestations comme étant le fait de « mauvais perdants ». Des discussions sont en cours sous l’égide du Conseil présidentiel de transition (CPT) afin de trouver une issue à cette impasse, sans résultat pour l’instant.
Autres secteurs en désaccord
Les divergences ne concernent pas uniquement le secteur des cultes réformés. Le secteur du vodou, représenté entre autres par des organisations telles que Zantray, l’Aksyon jèn pou avansman vodou (Ajav) et la Konfederasyon nasyonal vodouyizan ayisyen (Knva), n’arrive pas non plus à désigner unanimement son représentant.
Il en est de même pour le secteur des paysans, où des plateformes comme 4G Kontre, le Rezo nasyonal peyizan ayisyen (Renapa) et l’organisation communautaire pour le développement rural (Ocoder) défendent des candidatures différentes.
Les organisations de femmes, dont Dialogue inter femmes (Dife) et Fanm angaje, se trouvent aussi dans l’impasse. Le secteur syndical, avec des composantes comme la Brigade syndicale anti-corruption (Bsac) et la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (Cnoha), n’a pas non plus réussi à trancher.
Rencontres du CPT sans résultat
Face aux divisions dans ces secteurs, le CPT a entrepris depuis la fin juillet une série de rencontres avec les différents groupes, en vain jusqu’ici. Les conseillers présidentiels Frinel Joseph et Fritz Alphonse Jean se sont entre autres réunis avec les représentants du vodou et des femmes, sans parvenir à un consensus.
Le président du CPT, Edgard Leblanc Fils, et le conseiller Frinel Joseph ont aussi rencontré les cultes réformés à deux reprises, sans plus de succès.
Le CPT a accordé un délai supplémentaire, fixé au 8 août au plus tard, pour que ces sept secteurs parviennent à choisir chacun leur représentant de manière unanime. Passé ce délai, l’instance présidentielle pourrait décider de désigner elle-même les représentants si les secteurs restent dans l’impasse.
Pour l’instant, les seules nominations entérinées sont celles des représentants de l’Eglise catholique et du secteur de la presse. Les associations de presse ont unanimement approuvé le choix de Jacques Desrosiers, secrétaire général de l’Association des journalistes haïtiens, pour les représenter au sein du CEP.
Les retards persistent malgré l’urgence
Ces divisions persistantes dans huit secteurs sur neuf représentent un sérieux retard dans la mise sur pied du CEP. Or, cette instance électorale a la responsabilité d’organiser les prochaines élections nationales, prévues courant 2025, en vue du renouvellement des institutions.
Sa composition complète est donc indispensable pour engager sans plus tarder les préparatifs nécessaires au bon déroulement du processus électoral. Le CPT et les secteurs concernés devront impérativement surmonter leurs divergences dans les jours à venir pour permettre la mise en place sans plus de délais de cette instance chargée d’organiser les échéances électorales à venir.

