Le mardi 6 août 2024 restera une date tragique pour les communes de Cabaret et d’Arcahaie, situées à plus de 40 km au nord de Port-au-Prince. En pleine après-midi, une attaque menée par des gangs armés a coûté la vie à une dizaine de personnes et en a blessé une autre.
Selon Jean Edner Gilles, agent exécutif intérimaire d’Arcahaie, « des bandits en provenance de Canaan ont tué neuf (9) personnes et incendié cinq (5) maisons à Cabaret ». Malgré la tentative de résistance de la Police nationale d’Haïti (PNH) épaulée par la population, « une (1) autre personne a été assassinée par balle et une autre a été blessée à l’Arcahaie par ces gangs criminels ».
Une vague de déplacements forcés
Ces nouvelles violences ont contraint de nombreuses familles à fuir précipitamment la zone, au moment de l’attaque. « De nombreuses familles ont dû précipitamment abandonner la zone, au moment de l’attaque des bandits armés, en ce début du mois d’août 2024 », déplore M. Gilles.
En effet, ces gangs armés sèment la terreur dans la région depuis plusieurs mois, dans le but de prendre le contrôle total de Cabaret et d’Arcahaie. « Depuis le 1er octobre 2023, ces gangs armés effectuent régulièrement, par voie maritime et terrestre, plusieurs tentatives visant à prendre le contrôle de l’Arcahaie », explique l’agent exécutif.
Interrogations sur l’efficacité de la force étrangère
Malgré la présence depuis plus d’un mois d’une force étrangère censée rétablir l’ordre, les gangs continuent de commettre leurs forfaits, soulevant des interrogations sur l’efficacité de cette intervention. « Cette situation soulève des questions sur l’efficacité de cette force », souligne le magistrat de Cabaret, qui s’est exprimé sur RTVC.
En effet, les précédentes attaques n’ont pas été endiguées, comme en témoignent les événements tragiques du 19 avril 2023 et du 11 mars 2023. Le 19 avril 2023, « une vingtaine de personnes ont été tuées et plusieurs maisons incendiées, dans une nouvelle attaque des bandits armés à Source Matelas, troisième section communale de Cabaret », avait indiqué Joseph Jeanson Guillaume, le principal agent exécutif intérimaire de Cabaret.
Deux mois plus tôt, « une dizaine de personnes ont été tuées, dans des affrontements armés entre un groupe d’individus à Source Matelas et le gang armé de Ti Tanyen, dirigé par le dénommé Bogi, dans la commune de Cabaret », avait précisé M. Guillaume.
Des conséquences désastreuses sur la vie quotidienne
Au-delà du bilan humain, cette nouvelle attaque a eu des répercussions désastreuses sur la vie quotidienne des habitants de Cabaret et d’Arcahaie. Ainsi, « les élèves de la classe terminale n’ont pas pu terminer leur journée d’examen, ce qui inquiète le magistrat quant au déroulement des épreuves restantes », rapporte le rapport.
De plus, « de nombreuses personnes ont dû quitter leurs foyers par peur de devenir les prochaines victimes de ces criminels », ajoute le texte. Cette situation alarmante soulève de vives inquiétudes quant à la capacité des autorités à assurer la sécurité des populations.
Un appel à l’aide des autorités
Face à cette situation, le magistrat de Cabaret a fermement condamné cette nouvelle attaque et a lancé un appel pressant aux autorités compétentes. « Le magistrat de Cabaret a exprimé ses inquiétudes et a appelé les autorités de l’État à renforcer l’effectif des policiers nationaux à l’Arcahaie, en leur dotant de matériels et d’équipements nécessaires, pour leur permettre de contrecarrer ces malfaiteurs et de les d’empêcher d’envahir la commune, proche de Cabaret », rapporte le texte.
Selon lui, il est urgent d’agir pour « stopper les activités des gangs armés » et « protéger la population ». Les autorités sont sommées de prendre des mesures immédiates pour endiguer cette vague de violences qui sème la terreur dans la région.
Un bilan lourd et des conséquences désastreuses
Au final, le bilan de cette nouvelle attaque est lourd : 10 personnes tuées, dont 9 à Cabaret et 1 à Arcahaie, ainsi qu’une autre blessée. De plus, 5 maisons ont été incendiées à Cabaret par ces bandes armées.
Ces violences ont engendré de nombreux déplacements forcés de la population, traumatisée par ces événements. Elles ont également perturbé la vie quotidienne, avec notamment l’interruption des examens des élèves de terminale.
Face à cette situation alarmante, les autorités sont interpellées pour renforcer la sécurité dans ces communes et mettre fin aux agissements de ces gangs criminels. La population attend des réponses urgentes pour recouvrer la paix et la tranquillité.

