Après plusieurs jours d’incertitudes concernant sa sécurité, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Edgard Leblanc Fils, a finalement pris la direction de New York pour participer à la 79e session de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Ce départ fait suite à des assurances de sécurité fournies par le Département d’État américain. Dans un courriel officiel de Brian A. Nichols, sous-secrétaire d’État aux Affaires Hémisphériques, Leblanc Fils a reçu confirmation que toutes les mesures de sécurité nécessaires étaient en place.
Les États-Unis ont d’ailleurs renforcé cet engagement par un communiqué de l’ambassade américaine à Port-au-Prince, publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), déclarant que « la sécurité du président Edgard Leblanc Fils sera pleinement assurée » durant son séjour à New York pour la grande réunion diplomatique mondiale.
La participation d’Edgard Leblanc Fils à l’Assemblée générale intervient dans un contexte de tensions politiques internes en Haïti. Le premier ministre Garry Conille, déjà présent aux États-Unis pour des rencontres diplomatiques, a vu sa participation à cette session de l’ONU être vivement critiquée par certains acteurs politiques. Claude Joseph, leader du parti « Ede », a dénoncé ce qu’il qualifie de tentative de « boycott » du président du CPT, y voyant une manœuvre destinée à affaiblir, voire à dissoudre le Conseil présidentiel de transition. Cette critique traduit le climat politique tendu autour de la transition en Haïti, où les rivalités et les suspicions sont monnaie courante.
De son côté, le premier ministre Garry Conille continue d’enchaîner les rencontres diplomatiques à New York. Il a eu des échanges avec plusieurs leaders internationaux, notamment le président brésilien, des représentants de la Banque Mondiale, et le premier ministre jamaïcain. Ce lundi, il a également rencontré son homologue canadien, Justin Trudeau, qui a réitéré l’engagement du Canada à mobiliser des ressources pour soutenir Haïti face aux nombreux défis que traverse le pays.
Ensemble, Conille et Trudeau ont coprésidé une session spéciale du Conseil économique et social des Nations-Unies (Ecosoc) dédiée à la situation en Haïti. Cette session a mis l’accent sur la nécessité de coordonner les efforts internationaux pour apporter un soutien concret et durable au pays.
Pendant l’absence initiale d’Edgard Leblanc Fils, Leslie Voltaire, conseiller-président au CPT, a temporairement pris les rênes de la délégation haïtienne à l’ONU. Voltaire a notamment rencontré le secrétaire général de l’ONU et s’est exprimé à la tribune des Nations-Unies lors du Sommet de l’Avenir, tenu ce lundi.

