En visite à Washington ce mardi 22 octobre 2024, le ministre de la Défense haïtien a présenté devant la Junte interaméricaine de défense (JID) un plan sans précédent : former 20 000 militaires en cinq ans, soit 4 000 recrues par an. Pour concrétiser ce projet, une commission ad hoc sera créée, réunissant le ministère de la Défense, la JID, le Collège interaméricain de défense et le Département de la Sécurité Hémisphérique de l’OEA. Cette commission supervisera la formation des recrues jusqu’à leur déploiement opérationnel.
Une armée modernisée face aux défis sécuritaires
Le renforcement des FAd’H s’inscrit dans un contexte d’insécurité critique. Port-au-Prince, largement contrôlée par les gangs, est coupée des villes de province par voie terrestre. Le Premier ministre Garry Conille, lors d’une visite aux forces de l’ordre le 20 octobre, a souligné l’urgence de reprendre le contrôle des zones occupées par les groupes criminels. Le ministre Berthier Antoine a détaillé les besoins en équipements : véhicules blindés, drones et technologies de surveillance. Une modernisation nécessaire alors que la réponse policière seule s’avère insuffisante pour rétablir l’ordre.
La vision gouvernementale s’oriente vers une armée « résolument orientée vers la protection des droits humains et la promotion du développement national », selon les mots du ministre. Les formations spécialisées couvriront la gestion des crises, la lutte contre le terrorisme et le maintien de l’ordre dans les zones de conflit. Plus de quinze pays partenaires ont déjà manifesté leur intérêt pour soutenir cette initiative. La JID, qui avait participé en 2014 à la rédaction du Livre Blanc de la Défense haïtienne, renouvelle son engagement auprès des FAd’H. Ivan C. Marques, Secrétaire à la Sécurité Multidimensionnelle à l’OEA, a réaffirmé le soutien « indéfectible » de l’organisation à Haïti, notamment à travers la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité.

