Haïti atteint un seuil alarmant : près de 1,3 million de personnes sont désormais déplacées internes, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une augmentation de 24 % depuis décembre 2024. C’est un record historique, reflet d’une crise sécuritaire et humanitaire en plein effondrement.
« Derrière ces chiffres, il y a des souffrances humaines immenses », a rappelé Amy Pope, directrice générale de l’OIM. Femmes, enfants, personnes âgées fuient, souvent à plusieurs reprises, dans des conditions insalubres et précaires.
Alors que les violences s’étendent au-delà de Port-au-Prince vers l’Artibonite et le Centre, les déplacements se multiplient. Le nombre de sites spontanés est passé de 142 à 246 en six mois, dont 85 dans des régions jusque-là épargnées. Plus de 80 % des déplacés sont hébergés par des familles, mettant en tension des communautés déjà vulnérables.
Réunis à l’ONU ce 11 juin, les dirigeants de l’ECOSOC et de la Commission de consolidation de la paix ont souligné l’urgence d’une réponse coordonnée, intégrant sécurité, aide humanitaire et engagement communautaire, notamment des femmes et des jeunes. Mais avec une saison des ouragans déjà entamée et des stocks humanitaires presque inexistants, le pays s’approche dangereusement d’un point de rupture.

