Guinée équatoriale : 18 ans de prison requis contre Baltasar Ebang Engonga
Le procès de Baltasar Ebang Engonga, ancien directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et neveu du président Obiang, secoue les plus hautes sphères du pouvoir équato-guinéen. Accusé de détournement de fonds publics, enrichissement illicite et abus de fonction, le ministère public requiert 18 ans de prison à son encontre, assortis d’une lourde amende de plus de 910 millions de francs CFA.
Le procès dit « du Trésor », ouvert à Malabo, révèle un vaste système de captation de ressources publiques. Ebang Engonga, surnommé « Bello », aurait transféré plusieurs millions de francs vers des comptes offshore avec la complicité de hauts cadres de la Direction générale de l’assurance et de la réassurance. Parmi les coaccusés figurent également plusieurs femmes, dont certaines sont soupçonnées d’avoir bénéficié indûment des fonds détournés.
Au-delà des accusations financières, l’affaire est électrisée par un scandale sexuel : des vidéos intimes tournées dans son bureau officiel, impliquant des partenaires liées à de hauts responsables de l’État, avaient fuité fin 2024. Ces images, récupérées lors de perquisitions, ont relancé le débat sur l’impunité des élites.
Issu d’une puissante dynastie politique – son père préside la CEMAC – Ebang Engonga cristallise la défiance populaire envers une gouvernance accusée de corruption chronique. Le verdict est attendu dans les prochains jours.


