Un frémissement diplomatique dans un conflit qui n’en finit plus. Pour la troisième fois depuis mai, des délégations russe et ukrainienne se sont rencontrées à Istanbul mercredi soir, dans un climat tendu, pour tenter de relancer des négociations de paix. Si le Kremlin a immédiatement tempéré les attentes, qualifiant les pourparlers de « très compliqués », Kyiv espère toujours une ouverture.
Sous l’égide du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le face-à-face entre Vladimir Medinski et Roustem Oumerov reste dominé par des lignes rouges difficilement conciliables. Moscou exige l’abandon par l’Ukraine de territoires occupés, la fin des livraisons d’armes occidentales et le renoncement à toute adhésion à l’OTAN. Des conditions jugées inacceptables par Kyiv, qui réclame au contraire le retrait total des troupes russes, des garanties de sécurité et un cessez-le-feu immédiat de 30 jours.
Cette relance diplomatique intervient dans un contexte de fortes pressions de la part de Washington : Donald Trump a sommé la Russie de parvenir à un accord d’ici 50 jours, faute de quoi des sanctions sévères seront imposées.
Sur le terrain, la guerre continue de faire rage. L’armée russe affirme progresser dans la région de Soumy, pendant que l’Ukraine subit de nouvelles frappes de drones. Kyiv insiste également sur l’urgence d’un accord sur l’échange de prisonniers et le rapatriement d’enfants déportés. Malgré les efforts turcs, la paix paraît encore lointaine.

