L’ancien président provisoire Jocelerme Privert dénonce avec véhémence l’avant-projet de Constitution récemment soumis à l’exécutif haïtien. Invité à l’émission Panel Magik, il a qualifié ce texte de « monstruosité », affirmant qu’il pourrait plonger le pays dans une nouvelle ère d’instabilité politique, voire de dictature.
Selon M. Privert, le processus en cours viole les dispositions constitutionnelles relatives à la modification ou au remplacement de la loi fondamentale de 1987. Il remet également en cause la légitimité du gouvernement actuel, soulignant que le Conseil présidentiel de transition (CPT) ne dispose d’aucune base légale pour imposer une telle réforme. « Je ne peux me rendre complice d’une telle démarche », a-t-il déclaré fermement.
Bien que favorable à une révision de la Constitution, jugée dépassée après 38 ans d’existence, l’ancien président reproche au Comité de pilotage — dirigé par Enex Jean-Charles — d’avoir produit un document qui aggrave les failles plutôt que d’y remédier. Il accuse ses auteurs d’agir dans l’ombre et de faire passer un brouillon contesté pour une version finale sans débat démocratique.
M. Privert salue néanmoins la mise au point de Fritz Alphonse Jean, coordinateur du CPT, selon qui ce texte n’engage pas encore le Conseil. Il appelle à une véritable concertation nationale et à une réforme respectueuse de la souveraineté populaire.

