Des sénateurs américains dénoncent les contradictions de la politique américaine envers Haïti et demandent des comptes sur un contrat militaire privé
Les sénateurs Edward J. Markey (Massachusetts) et Raphael Warnock (Géorgie), appuyés par sept autres élus démocrates et indépendants, ont adressé une lettre officielle aux secrétaires d’État Marco Rubio et de la Sécurité intérieure Kristi Noem. Ils demandent des explications claires sur les politiques étrangères et migratoires des États-Unis envers Haïti, qu’ils jugent contradictoires, ainsi que sur un contrat controversé impliquant une société militaire privée américaine dirigée par Erik Prince, fondateur de Blackwater.
Selon les sénateurs, cette entreprise mènerait des opérations armées à Port-au-Prince sous contrat officiel avec le gouvernement de transition haïtien, ce qui soulève des préoccupations majeures sur le respect des lois américaines en matière d’exportation d’armes et sur le risque de complicité dans des violations graves des droits humains.
La lettre met en lumière une incohérence troublante : d’un côté, Washington soutient des actions militaires en Haïti, et de l’autre, met fin au Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens et inclut le pays dans une nouvelle interdiction de voyager.
Les sénateurs demandent des réponses précises avant le 15 août 2025 sur l’existence de licences d’exportation, la compatibilité de ces opérations avec les normes des droits humains (NSPM-10), et l’impact de ces activités sur la mission multinationale de sécurité (MSS) dirigée par l’ONU. Ils exigent aussi des éclaircissements sur la cohérence entre la politique migratoire et la politique sécuritaire américaine à l’égard d’Haïti.

