Haïti a décrété samedi un état d’urgence de trois mois dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, face à l’intensification des violences liées aux gangs. Cette mesure vise à renforcer la lutte contre l’insécurité et à répondre à la crise agricole frappant notamment l’Artibonite, principal bassin rizicole du pays, où les attaques ont contraint de nombreux agriculteurs à fuir leurs terres.
Selon l’ONU, plus de 1 000 personnes ont été tuées, 200 blessées et 620 enlevées dans ces régions entre octobre 2024 et juin 2025. Depuis janvier, la violence a coûté la vie à plus de 3 000 Haïtiens et provoqué le déplacement de 239 000 habitants.
Dans ce contexte, André Jonas Vladimir Paraison a été nommé directeur général par intérim de la Police nationale, en remplacement de Normil Rameau, critiqué pour son inefficacité face aux gangs contrôlant jusqu’à 90 % de Port-au-Prince. Paraison, ancien chef de la sécurité présidentielle, devra coordonner les efforts avec la mission internationale menée par des policiers kenyans.
Ces bouleversements interviennent alors que Laurent Saint-Cyr prend la présidence du Conseil présidentiel de transition, chargé d’organiser des élections d’ici février 2026.

