Déclarations lors d’un briefing du Conseil de sécurité de l’ONU sur Haïti
Par la Mission des États-Unis auprès des Nations Unies
28 août 2025
Ambassadrice Dorothy Shea
Représentante intérimaire des États-Unis
New York, New York
TEL QUE PRONONCÉ
Merci, Monsieur le Président, et merci au Secrétaire général António Guterres, à la Directrice exécutive Catherine Russell, et à M. Jean Jean Roosevelt pour vos exposés.
Les États-Unis restent préoccupés par l’escalade de la violence en Haïti. L’expansion territoriale des gangs menace de réduire à néant les avancées réalisées à la fois par la Police nationale d’Haïti et par la Mission multinationale d’appui à la sécurité.
Nous continuons de condamner le recrutement d’enfants par les gangs armés ainsi que l’impact disproportionné de la violence des gangs sur les enfants. En 2024, Haïti a été classé parmi les pays présentant le plus grand nombre de violations et d’abus contre les enfants, la grande majorité étant imputable à la coalition Viv Ansanm, qui, pour la première fois, a été inscrite dans le rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés.
En raison de la violence, plus de 1,3 million de personnes – dont la moitié sont des enfants – ont été déplacées. Les enfants risquent en permanence d’être tués ou blessés lors d’attaques de gangs, d’opérations policières ou d’actes de justice populaire. Le recrutement forcé par les gangs et la répétition des violences sexuelles volent aux enfants la vie paisible qu’ils méritent.
La corruption et la violence aveugle demeurent des problèmes majeurs. Nous avons pris des mesures concrètes pour contrer l’impunité de ceux qui soutiennent la violence en Haïti, notamment en inscrivant Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes étrangères et entités terroristes mondiales spécialement désignées. Nous saluons également ce Conseil pour avoir récemment procédé à ces désignations. Cela envoie un message important de la communauté internationale : les acteurs et entités malveillants devront rendre des comptes.
Les États-Unis ont récemment annoncé une récompense de 5 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du chef de gang Jimmy Chérizier, alias Barbecue. De plus, nous restons déterminés à expulser et poursuivre les criminels et complices se cachant aux États-Unis et contribuant à la violence et à la destruction en Haïti.
Ces mesures significatives prises par les États-Unis démontrent l’engagement de l’administration Trump à lutter contre ces gangs criminels et ces organisations terroristes étrangères.
Monsieur le Président, l’insécurité alimentaire demeure également une préoccupation urgente. Les programmes humanitaires actifs et vitaux en Haïti incluent l’aide alimentaire d’urgence produite aux États-Unis, un appui nutritionnel, la logistique, l’abri, l’eau potable et les services médicaux pour les Haïtiens touchés par la crise. Ces programmes répondent à des besoins essentiels : nourriture, logement, soins médicaux pour les enfants victimes de la violence et les survivants de violences sexuelles, traitement et prévention du choléra, hygiène, et traitement de la malnutrition pour les familles et les enfants.
En juin, l’Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA) et les États-Unis ont coparrainé une résolution adoptée à l’unanimité, destinée à galvaniser l’action pour Haïti et à compléter les efforts entrepris ici aux Nations Unies. De plus, les États-Unis continuent de travailler avec l’OEA alors qu’elle met en œuvre sa feuille de route pour Haïti. C’est une étape importante vers le leadership régional que nous attendons face à ces défis partagés.
Monsieur le Président, concernant la mission MSS, les États-Unis remercient le Kenya pour son engagement, son leadership et son soutien au cours de l’année écoulée. Le Kenya a répondu à l’appel d’Haïti à un moment critique, démontrant une immense compassion et un grand courage, exposant ses propres citoyens à des risques à des milliers de kilomètres de chez eux, et empêchant l’effondrement complet de l’État haïtien. Sans la présence de la mission MSS, les gangs auraient été encore plus enhardis dans leurs ambitions et leurs atrocités contre les civils en Haïti.
Nous tenons également à remercier les Bahamas, le Salvador, le Belize, le Guatemala et la Jamaïque pour leur contribution en personnel à cet effort, ainsi que le Canada pour sa contribution substantielle au Fonds d’affectation spéciale de l’ONU et à la planification. Alors que nous faisons face à la menace de gangs terroristes qui cherchent à renverser l’État, nous devons veiller à ce qu’une part encore plus importante de la communauté internationale s’engage dans ce combat.
À cette fin, aujourd’hui, les États-Unis et le Panama soumettent à ce Conseil un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies visant à lutter contre la violence croissante en établissant une Force de répression des gangs et en créant un Bureau d’appui des Nations Unies chargé de fournir un soutien logistique aux efforts sur le terrain. Nous appelons les membres du Conseil : rejoignez-nous – rejoignez-nous pour répondre à l’appel du gouvernement haïtien, alors que nous traçons une nouvelle voie vers la paix et la sécurité, et établissons le Bureau d’appui de l’ONU afin de doter durablement cette mission des ressources nécessaires. Cela garantira que la mission dispose des outils pour affronter les gangs et permettre à l’État haïtien de répondre aux besoins fondamentaux de son peuple.
Monsieur le Président, nous soulignons que la prochaine force internationale doit disposer de ressources pour tenir le territoire, sécuriser les infrastructures et compléter l’action de la Police nationale d’Haïti. Parallèlement, une approche globale est nécessaire pour perturber le financement des gangs, le trafic d’armes et les autres flux illicites qui alimentent l’instabilité.
Pour réaliser des progrès significatifs face à ce défi collectif, nous avons besoin que les acteurs et bailleurs internationaux se mobilisent et rejoignent les États-Unis, le Panama et d’autres qui ont démontré leur engagement en faveur de la sécurité d’Haïti, dans un partage des charges significatif afin de promouvoir la stabilité dans le pays. Nous restons aux côtés du peuple haïtien dans sa quête d’un avenir sûr et stable. Nous demeurons déterminés à travailler avec la communauté internationale pour faire avancer les progrès en Haïti, et appelons tous les membres du Conseil à agir concrètement pour soutenir cet effort.
Je vous remercie.

