ONU : un rapport alarmant sur la dégradation de la situation en Haïti
Le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation en Haïti dresse un constat préoccupant : la violence des gangs, les violations des droits humains et la crise humanitaire plongent le pays dans une instabilité sans précédent.
Selon le document, plus de 80 % de Port-au-Prince reste sous le contrôle ou l’influence de groupes armés. Les enlèvements, les massacres et les violences sexuelles sont en forte hausse. Plus de 580 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, tandis que l’accès à l’eau, aux soins et à l’éducation demeure gravement limité.
Le rapport dénonce également une érosion de l’autorité de l’État et un affaiblissement des institutions judiciaires et policières, paralysées par le manque de ressources et la corruption. Le BINUH et les agences humanitaires des Nations Unies appellent à une action urgente pour renforcer la sécurité, la gouvernance et la protection des civils.
Le secrétaire général souligne la nécessité d’un soutien international renforcé, notamment à travers le déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), approuvée par le Conseil de sécurité mais encore en phase de mise en œuvre.
L’ONU exhorte enfin les autorités de transition à accélérer les réformes politiques et à préparer des élections inclusives dès que les conditions sécuritaires le permettront. Haïti, conclut le rapport, se trouve à un tournant critique où l’inaction risquerait d’aggraver durablement la crise humanitaire et institutionnelle.

