Le déploiement du porte-avions américain USS Gerald R. Ford, le plus grand au monde, au large des côtes latino-américaines, a provoqué mardi une nouvelle escalade diplomatique entre les États-Unis et le Venezuela. Présentée par Washington comme une opération antidrogue, cette démonstration de force est perçue par Caracas comme une menace impérialiste visant à déstabiliser le régime de Nicolás Maduro.
Le Southcom, commandement américain pour l’Amérique latine, a confirmé que le groupe aéronaval du Gerald R. Ford est entré dans sa zone d’opérations le 11 novembre pour appuyer « la lutte contre les organisations criminelles transnationales ». L’impressionnante flotte comprend quatre escadrilles d’avions de combat et trois destroyers lance-missiles.
En réaction, le Venezuela a lancé un exercice militaire massif impliquant 200 000 soldats. Son ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a dénoncé la présence américaine comme une « provocation » et accusé les États-Unis de « crimes contre des civils sans défense ».
Cette montée des tensions intervient après une série de frappes américaines controversées contre des embarcations suspectées de narcotrafic dans les Caraïbes et le Pacifique, ayant fait 76 morts. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, a demandé une enquête sur la légalité de ces attaques, évoquant de possibles exécutions extrajudiciaires.
Moscou, allié de Caracas, a qualifié les opérations américaines d’« inacceptables », tandis que plusieurs pays de la région, dont la Colombie et le Brésil, appellent au calme diplomatique. Dans un climat géopolitique déjà fragile, ce déploiement confirme le retour d’une logique de confrontation entre Washington et ses adversaires latino-américains.

