En tant que fervent démocrate, je reconnais une vérité fondamentale : maintenir un peuple dans un état d’angoisse est un crime, et accorder la démocratie à un peuple sans avoir pris le soin de le former et de l’éduquer pour lui expliquer ce qu’est véritablement la démocratie constitue également un crime, notamment pour un peuple ou une société en quête de changement. Haïti est l’une des victimes de cette approche, ayant adopté la démocratie sans disposer des ressources humaines et financières nécessaires pour mener des campagnes d’éducation, d’instruction et de sensibilisation sociologique préalables à l’établissement d’un régime démocratique solide.
François Duvalier et son fils étaient des dirigeants incompétents et sans grande vision. Ils avaient un pouvoir à vie. Et pourtant, contrairement aux autres dictateurs de cette époque à travers le monde, ils n’ont pas réussi à favoriser de réelles révolutions dans le pays, notamment dans les domaines industriel, éducatif, économique ou politique. Cependant, il est important de reconnaître que la génération de 1986, qui a suivi leur chute, est également une déception. Ils ont introduit la démocratie à la chute de Duvalier sans avoir eux-mêmes maîtrisé ce qu’est la démocratie. Pour preuve, depuis plus de six ans, toutes les institutions étatiques du pays sont effondrées, la capitale est isolée du monde, et principalement, le système judiciaire est profondément dysfonctionnel et son avenir est à repenser.
La corruption, la violence et la pauvreté sont devenues des fléaux quotidiens qui minent la société haïtienne. Les infrastructures sont délabrées, les services publics sont quasi inexistants et l’économie est en chute libre. Il est essentiel de prendre des mesures concrètes pour changer cette situation et offrir un avenir meilleur aux Haïtiens.
Calvin Ford Cabeche

