Une juge fédérale de Washington a suspendu in extremis la décision de l’administration Trump de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens aux États-Unis. La mesure, qui devait expirer le 3 février, concernait près de 350 000 personnes autorisées à vivre et travailler légalement sur le territoire américain.
Dans sa décision rendue lundi soir, la juge Ana Reyes, de la Cour fédérale du district de Columbia, a estimé que la résiliation du TPS était « nulle, non avenue et sans effet juridique ». Elle a ordonné le maintien des autorisations de travail et la protection contre la détention et l’expulsion pour toute la durée de la suspension judiciaire.
Cette décision fait suite à une action en justice déposée en juillet par des bénéficiaires du TPS et des organisations communautaires. La magistrate a également critiqué la gestion du dossier par le gouvernement, dénonçant des retards procéduraux et des arguments jugés inopérants.
La fin annoncée du TPS avait suscité une vive inquiétude, notamment dans l’Ohio et en Floride, où vivent d’importantes communautés haïtiennes. Les plaignants estiment que la décision de l’administration était motivée par des considérations raciales et non par une évaluation objective de la situation en Haïti, plongée dans une crise sécuritaire et humanitaire majeure.
L’administration Trump, qui a déjà mis fin au TPS pour plusieurs autres pays, pourrait faire appel de cette décision devant la Cour suprême.

