Le 23 juin 1993, la résolution 841 du Conseil de sécurité de l’ONU entrait en application, imposant un embargo pétrolier et militaire contre Haïti. Cette mesure internationale visait à contraindre l’armée dirigée par le général Raoul Cédras à restituer le pouvoir au président légitime Jean-Bertrand Aristide, renversé le 30 septembre 1991. Ce blocus ciblait directement l’appareil de facto : les gouvernements civils provisoires de Joseph Nérette (avec Jean-Jacques Honorat) puis de Marc Bazin, qui servaient de paravent légal aux militaires putschistes et à leurs alliés politiques et économiques.
Le processus connut de violents soubresauts. Suspendu en août après l’accord de Governors Island, l’embargo fut rétabli en octobre (résolution 875) après le refoulement du navire américain USS Harlan County. Devant l’intransigeance du régime, consolidé ensuite sous le gouvernement d’Émile Jonassaint, l’ONU imposa en mai 1994 un blocus commercial quasi total (résolution 917). Pour la population haïtienne, cette asphyxie provoqua une crise humanitaire, une tragédie qui prit fin avec le débarquement militaire international de septembre 1994 et la levée des sanctions par la résolution 944.

