Gouverneur général de Saint-Domingue, Toussaint Louverture est arrêté par traîtrise le 7 juin 1802, sur invitation du général français Jean-Baptiste Brunet, malgré les conditions de sa reddition. Embarqué avec une partie de sa famille sur la frégate La Créole, transbordé au large du Cap sur le vaisseau Le Héros, il est déporté en France et débarqué à Brest, puis conduit au Fort de Joux, où il arrive le 24 août 1802.
Enfermé sans jugement, accusé de haute trahison et de rébellion, il est tenu au secret absolu sur ordre de Napoléon Bonaparte, qui veut éviter d’en faire un martyr. Sa cellule, au rez-de-chaussée du donjon, est froide et humide, sa fenêtre partiellement murée pour empêcher toute évasion.
Privé de son secrétaire deux semaines après son arrivée, il rédige lui-même ses mémoires malgré une santé déclinante.
Le climat glacial du Jura, opposé à celui de Saint-Domingue, aggrave ses maux : dès l’automne, il souffre de toux, de fièvre et de rhumatismes.
Ses nombreuses lettres à Bonaparte, réclamant un procès, restent sans réponse. Le 7 avril 1803, après un peu plus de sept mois de captivité, Toussaint Louverture meurt dans sa cellule, à environ soixante ans.

