C’est une victoire historique pour le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva : le Brésil a officiellement quitté la « carte de la faim » des Nations unies. Selon le rapport annuel publié par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), 40 millions de Brésiliens sont sortis de l’insécurité alimentaire entre 2022 et 2024.
« Je suis l’homme le plus heureux du monde », a déclaré Lula, ému, lors d’une allocution à Brasilia. Il n’a pas manqué de rappeler que cette avancée majeure survient malgré un lourd héritage, pointant indirectement son prédécesseur Jair Bolsonaro, sous le mandat duquel les chiffres de la faim avaient explosé.
Une politique publique structurée
Cette réussite est le fruit d’une stratégie coordonnée entre plusieurs ministères, comme l’a souligné Washington Dias, ministre du Développement social. Le retour du programme « Bolsa Família », élargi et renforcé, a permis aux familles les plus vulnérables d’accéder de nouveau à une aide directe. Parallèlement, des politiques de soutien à l’agriculture familiale, à la distribution alimentaire, et à l’éducation nutritionnelle ont été relancées.
Le taux de personnes en insécurité alimentaire sévère est désormais inférieur à 2,5 % de la population, marquant une amélioration spectaculaire.
Une revanche politique et sociale
Le Brésil avait déjà réussi cet exploit en 2014, à la fin du second mandat de Lula. Mais les années Temer et Bolsonaro, marquées par des coupes budgétaires, des réformes sociales régressives et la pandémie de Covid-19, avaient fait replonger le pays dans la faim.
En renouant avec ses engagements sociaux, Lula prouve qu’il est encore capable, à 79 ans, de changer le destin de millions de citoyens. Le rapport de la FAO donne à son gouvernement une légitimité renforcée sur la scène internationale et relance son ambition d’ériger la lutte contre la faim en priorité mondiale.
Le président a conclu avec un message d’espoir : « Ce que nous avons accompli ici, d’autres pays peuvent le faire. La faim n’est pas une fatalité. C’est une injustice que l’action politique peut réparer. »
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