L’Afrique avait commencé à reprendre son souffle. Depuis le début des années 2000, moustiquaires, traitements modernes et campagnes communautaires avaient permis de sauver des millions de vies. Mais le dernier rapport de l’OMS, publié jeudi, jette une ombre sur ces victoires : le paludisme resserre l’étau, porté par une résistance croissante aux médicaments et un financement en berne.
En chiffres, le constat claque : 280 millions de cas en 2024, plus de 600 000 morts, dont 95 % en Afrique. Derrière ces données, un danger sourd : huit pays rapportent déjà des résistances à l’artémisinine, pilier des traitements actuels. Le parasite apprend vite, trop vite.
À cette course scientifique s’ajoute une autre bataille, plus prosaïque : l’argent. Les investissements mondiaux ont chuté à 3,9 milliards de dollars, à peine la moitié de ce qu’il faudrait pour tenir la ligne. Résultat : des systèmes de surveillance à bout de souffle, des programmes fragilisés, et la menace d’un retour en force de la maladie.
Le message du rapport est clair : relâcher l’effort maintenant serait ouvrir la porte à une résurgence incontrôlable. Le paludisme reste évitable et guérissable — mais seulement si le monde accepte d’en payer le prix.

