Face à une insécurité alimentaire qui touche désormais plus de 5,7 millions de personnes, la FAO lance en Haïti un programme d’urgence visant à relancer rapidement la production agricole. L’objectif est clair : permettre aux ménages vulnérables de produire de la nourriture en moins de 90 jours, dans un contexte où l’aide humanitaire classique peine à couvrir les besoins.
Dans un pays où une large part de la population rurale dépend directement de l’agriculture, l’organisation onusienne mise sur la distribution de semences et d’intrants essentiels pour soutenir les petits exploitants. Cette approche cherche à réduire la dépendance aux importations et aux distributions alimentaires, tout en restaurant une capacité minimale de production locale.
L’initiative s’inscrit dans une stratégie régionale, après une mission conjointe menée en Haïti et en République dominicaine, qui a mis en évidence la fragilité des chaînes d’approvisionnement dans l’ensemble des Caraïbes. La FAO estime que les réponses ponctuelles ne suffisent plus face à la répétition des chocs — violences, inflation, catastrophes naturelles — qui désorganisent durablement le secteur agricole.
En 2025, plus de 140 000 personnes ont déjà bénéficié d’un appui agricole, permettant la production de plusieurs milliers de tonnes de denrées. Mais l’ampleur de la crise dépasse ces efforts. Pour 2026, la FAO dit avoir besoin de 108 millions de dollars afin d’assister 860 000 personnes.
Reste un défi majeur : sans amélioration de la sécurité et des infrastructures rurales, la relance agricole, aussi rapide soit-elle, risque de rester fragile et inégale. L’agriculture peut nourrir, mais elle ne peut, seule, stabiliser un pays en crise prolongée.

