Fils naturel d’un créole blanc et d’une africaine affranchie, Marie-Françoise, Jean-Pierre Boyer naquit à Port-au-Prince le 15 février 1776.
Après avoir débuté comme tailleur d’habits, Boyer s’engagea dans l’armée. Il montra sa bravoure en 1792, au moment où les hommes de couleur libres se joignirent aux esclaves noirs ; ensemble ils conquirent la liberté, avant que la Convention de France n’eût décrété l’abolition de l’esclavage (29 août 1793).
Jean-Pierre Boyer prend le pouvoir, le 29 mars 1818. Le 11 juillet 1825, sous la menace d’une escadre, il signe un traité par lequel la France reconnaît l’indépendance de l’ancienne colonie en échange d’une indemnité de 150 millions de francs-or destinée à indemniser les planteurs.
L’année suivante, le 1er mai 1826, Jean-Pierre Boyer instaure un nouveau Code rural en vue de faire rentrer dans les caisses de l’État les ressources indispensables au paiement de la dette. Il veut attacher les paysans noirs à leur terre et leur imposer des quotas de livraison à l’État.
Il s’ensuit différentes révoltes au fil des années, jusqu’à la dernière, mouvement insurrectionnel parti de Praslin (Département du Sud), qui chasse Jean-Pierre Boyer du pouvoir en 1843.
Boyer s’enfuit pour la Jamaïque puis se rend en France où il s’éteignit dans une quasi misère, à l’âge de 74 ans, le 9 juillet 1850.
L’ancien sénateur haïtien, Mesmin Villevaleix, prononça l’oraison funèbre. Son corps repose au cimetière du Père Lachaise, dans une tombe voisine de celle d’Alfred de Musset.

