« Nous constatons que la faim augmente de manière significative dans la capitale et le sud du pays, Port-au-Prince étant le plus durement touché », a fait valoir le Représentant du PAM en Haïti, alertant de la situation de blocage complet de la route menant au Grand Sud, depuis un an, qui a coupé de Port-au-Prince des 3,8 millions de personnes vivant dans les départements du sud..
Face à cette situation alimentaire préoccupante et aux défis logistiques liées à l’insécurité, l’agence onusienne utilise les voies maritimes comme alternative pour envoyer l’aide dans les parties sud et nord du pays. Le service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS), dirigé par le PAM, continue ainsi de transporter les travailleurs de première ligne et les marchandises légères.
Au cours de l’année écoulée, l’UNHAS a connu une augmentation spectaculaire de la demande en raison du tremblement de terre d’août dernier et de la situation sécuritaire de plus en plus instable. « La seule option sûre pour les humanitaires est le transport aérien et, sans financement adéquat, l’UNHAS risque de fermer ses portes d’ici la fin juillet 2022. En fin de compte, cela met en danger non seulement l’assistance du PAM, mais aussi les opérations humanitaires dans tout le pays », a affirmé M. Bauer.
Malgré les contraintes, le PAM a d’ailleurs soutenu le gouvernement avec une aide humanitaire et de développement pour s’attaquer aux « causes profondes de la faim ». Cette année, l’organisme prévoit de venir en aide à 1,7 million de personnes. « Le PAM renforce la résilience des Haïtiens et consolide la protection sociale et les systèmes alimentaires », a insisté M. Bauer, rappelant que pour les six prochains mois, le PAM fait déjà face à un déficit de financement de 39 millions de dollars pour ses opérations à Haïti.

