À quelques mois de la Coupe du monde de la FIFA 2026, Toronto fait déjà face à une flambée des prix des billets qui exclut une partie des amateurs de soccer. Pour les six matchs prévus dans la Ville Reine, la forte demande et la rareté des places ont rapidement poussé de nombreux fans vers le marché de la revente, où les prix atteignent des sommets.
Lors de la première phase de vente, certains chanceux ont réussi à obtenir des billets, souvent à des tarifs élevés. D’autres, recalés, n’ont désormais qu’une seule option : les plateformes de revente. Or, en Ontario, aucune loi ne plafonne le prix de revente depuis l’abrogation, en 2019, d’une mesure qui limitait la majoration à 50 % au-dessus du prix initial. Résultat : sur certains sites, des billets s’affichent à plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de dollars.
Des spécialistes de la consommation dénoncent une dérive qui transforme un événement sportif mondial en produit de luxe, inaccessible aux revenus modestes. La situation relance le débat politique : le gouvernement ontarien reconnaît examiner le problème, tandis que l’opposition réclame un encadrement strict du marché secondaire.
Ailleurs, des modèles existent. Le Québec envisage d’interdire la revente au-delà du prix nominal, et le Royaume-Uni étudie une mesure similaire. À Toronto, en attendant une éventuelle réforme, la Coupe du monde s’annonce déjà comme un spectacle prestigieux… mais coûteux, réservé à ceux qui peuvent se permettre le prix de l’entrée.

