Alors que l’IA générative est présentée par ses promoteurs comme une révolution déjà adoptée par le grand public, Satya Nadella, PDG de Microsoft, admet que la réalité est bien plus contrastée. Dans sa feuille de route pour 2026, il reconnaît que cette technologie doit encore démontrer son utilité réelle et mesurable pour gagner une véritable légitimité sociale.
Microsoft fait pourtant partie des entreprises les plus offensives dans le déploiement de l’IA, l’intégrant massivement — et parfois maladroitement — dans Windows 11, Office et l’ensemble de son écosystème logiciel. Cette stratégie suscite une résistance croissante, alimentée par des inquiétudes sur la fiabilité des outils, les risques de désinformation, la destruction d’emplois et l’impact environnemental des centres de données.
Conscient de ces critiques, Nadella affirme qu’il devient nécessaire de distinguer le « spectacle » de la « substance ». Selon lui, l’IA a dépassé la phase de découverte pour entrer dans celle de la diffusion à grande échelle, où seules les applications produisant un impact concret survivront. « Pour que l’IA bénéficie d’une légitimité sociale, elle doit résoudre de vrais problèmes dans le monde réel », écrit-il.
Le dirigeant évoque un tournant stratégique : passer des simples modèles d’IA à des systèmes complexes, combinant plusieurs modèles, agents, mémoires et mécanismes de contrôle. Une vision ambitieuse qui correspond étroitement aux projets que Microsoft entend déployer en 2026.
Reste une interrogation majeure : après plusieurs années annoncées comme « décisives », 2026 marquera-t-elle enfin le moment où l’IA générative prouvera sa valeur au-delà des effets d’annonce — ou simplement une nouvelle étape dans une promesse sans cesse repoussée ?

