Le gouvernement vénézuélien a annoncé lundi la libération de 116 personnes détenues pour des motifs politiques, alors que les proches des prisonniers continuent d’attendre des gestes concrets après les engagements pris par les autorités à la suite de la capture de l’ancien président Nicolás Maduro par les États-Unis.
Ces nouvelles levées d’écrou ont été annoncées par le ministère du Service pénitentiaire, qui évoque une révision en cours de dossiers liés à des faits qualifiés d’atteintes à l’ordre constitutionnel. Les autorités affirment que ce processus s’inscrit dans une démarche visant à préserver la stabilité et le dialogue national, sous la direction de la présidente par intérim Delcy Rodríguez.
Sur le terrain, toutefois, les chiffres avancés par le gouvernement sont contestés. L’ONG Foro Penal, qui suit les cas de détention politique, n’a recensé que 24 libérations récentes, dont deux ressortissants italiens. Selon un décompte établi à partir de sources indépendantes, une cinquantaine de détenus auraient été libérés depuis jeudi. Les organisations de défense des droits humains estiment par ailleurs qu’entre 800 et 1 200 personnes demeurent incarcérées pour des raisons politiques dans le pays.
Dans plusieurs centres de détention, notamment à la prison de Rodeo I, des familles campent depuis plusieurs jours dans l’espoir de retrouver leurs proches. Certaines dénoncent un manque de transparence, affirmant que des détenus annoncés comme libérés auraient été transférés discrètement vers d’autres lieux sans information officielle.
Ces annonces interviennent alors que les relations entre Caracas et Washington connaissent un frémissement. Dimanche, le président américain Donald Trump s’est dit disposé à rencontrer Delcy Rodríguez, évoquant une coopération jugée « satisfaisante » par son administration. Le gouvernement vénézuélien a confirmé avoir engagé des discussions exploratoires en vue d’un possible rétablissement des relations diplomatiques, rompues depuis 2019, tout en rejetant toute idée de soumission aux États-Unis.
Pour de nombreuses familles, cependant, l’essentiel reste la libération effective et vérifiable de l’ensemble des détenus politiques, au-delà des déclarations officielles.

