Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est dit « extrêmement préoccupé » par la situation humanitaire à Cuba, qui pourrait « s’aggraver, voire s’effondrer », si les pressions américaines sur l’approvisionnement pétrolier de l’île se poursuivent. L’alerte a été lancée mercredi par son porte-parole, Stéphane Dujarric, depuis le siège de l’ONU à New York.
La situation s’est nettement détériorée après l’arrêt des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, à la suite de la capture du président Nicolás Maduro début janvier. Dans la foulée, le président américain Donald Trump a signé un décret autorisant Washington à imposer des droits de douane aux pays fournissant du pétrole à La Havane, au nom d’une prétendue « menace exceptionnelle » pour la sécurité nationale des États-Unis.
Les autorités cubaines dénoncent une volonté d’« asphyxier » l’économie du pays, déjà fragilisée par des coupures d’électricité quotidiennes et une pénurie croissante de carburant. Si Donald Trump évoque l’existence d’un dialogue et la perspective d’un accord avec Cuba, La Havane assure que seuls des échanges limités ont eu lieu.
Pour l’ONU, le carburant est un élément central de la réponse humanitaire, indispensable au fonctionnement des hôpitaux, au transport, à l’approvisionnement en eau et à l’aide d’urgence. Déjà touchée par plusieurs catastrophes naturelles, Cuba fait face à une crise structurelle aggravée par le manque de moyens, alors que moins d’un quart des financements humanitaires nécessaires ont été mobilisés.

