Cuba est confrontée à une grave crise énergétique qui s’aggrave depuis le début de l’année, marquée par des pénuries de carburant, des coupures de courant quotidiennes et un ralentissement généralisé de l’activité économique, faisant craindre une crise humanitaire si la situation perdure.
La crise s’est accentuée en janvier avec l’arrêt de l’approvisionnement en pétrole en provenance du Venezuela, qui assurait environ un tiers des besoins énergétiques de l’île. En l’absence de nouvelles livraisons, les autorités cubaines ont annoncé la suspension temporaire de l’avitaillement en kérosène des compagnies aériennes à partir de cette semaine. Aucun pétrolier n’est arrivé à Cuba ces dernières semaines, dans un contexte de menaces de sanctions américaines visant les pays exportant du pétrole vers l’île.
Les conséquences pour la population sont déjà visibles. Les Cubains subissent des coupures d’électricité prolongées, une inflation persistante, ainsi que des pénuries de nourriture et de médicaments. Le gouvernement a annoncé des mesures d’urgence, notamment une semaine de travail réduite à quatre jours, le télétravail dans les entreprises publiques, des restrictions sur la vente de carburant et une réduction des transports interprovinciaux.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a reconnu que la situation exigerait « de grands sacrifices ». Des experts estiment qu’un prolongement de la crise affecterait gravement le secteur touristique et accentuerait les tensions sociales.
Sur le plan international, le Mexique a livré de l’aide humanitaire à Cuba et mène des discussions avec Washington pour poursuivre ses exportations de pétrole. La Russie a également dénoncé les sanctions américaines et évoqué de possibles livraisons énergétiques.

