Malgré des investissements massifs et une adoption croissante, l’intelligence artificielle ne produit pas encore les gains attendus en entreprise. Selon une étude du National Bureau of Economic Research (NBER), menée auprès de près de 6 000 dirigeants aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Australie, neuf entreprises sur dix n’ont constaté aucun effet significatif sur l’emploi ou la productivité au cours des trois dernières années.
Pourtant, 69 % des sociétés déclarent utiliser activement l’IA, principalement pour la génération de texte, la création visuelle ou l’analyse de données. Les dirigeants y consacrent en moyenne 1,5 heure par semaine. Ce décalage entre usage et résultats alimente un scepticisme croissant, malgré des anticipations positives à moyen terme, avec des gains de productivité estimés à 1,4 %.
Ce constat ravive le « paradoxe de Robert Solow », formulé en 1987 : une technologie omniprésente mais invisible dans les statistiques économiques. Plusieurs études convergent. PwC et Deloitte soulignent l’absence d’impact tangible sur les revenus, tandis que Microsoft reconnaît la դժվարé à mesurer le retour sur investissement de ses outils.
Pour les économistes, l’histoire invite toutefois à la prudence : les effets des révolutions technologiques mettent souvent des années à se matérialiser.

