Le 18 juin 2000, le massacre de Guayubín se déroula dans la province de Monte Cristi, en République dominicaine, lorsqu’une patrouille militaire prit en chasse et mitrailla un camion de migrants haïtiens non documentés. Les soldats ouvrirent le feu à répétition, provoquant une collision et ciblant délibérément les survivants qui tentaient de s’échapper.
Le bilan s’éleva à sept morts (six ressortissants haïtiens et le chauffeur dominicain) et plus de trente blessés. Les dépouilles furent immédiatement enterrées dans une fosse commune sans identification, tandis que les rescapés, privés de soins médicaux, subirent des mauvais traitements avant d’être expulsés collectivement vers Haïti.
En juillet 2000, un tribunal militaire acquitta les quatre soldats impliqués en seulement cinq jours, refusant le renvoi devant une juridiction civile. Soutenues par le GARR, le CCDH et la CIDDHU, les victimes saisirent les instances interaméricaines en 2005.
Le 29 novembre 2012, dans l’arrêt historique Dorzema Nadège et al. c. République dominicaine, la Cour interaméricaine des droits de l’homme condamna l’État dominicain pour exécutions extrajudiciaires et usage disproportionné de la force, lui ordonnant de verser 927 000 dollars d’indemnités, une sentence non exécutée.

