Europe : le vieillissement démographique relance le débat sur une immigration de travail accrue
Le vieillissement de la population et la baisse de la natalité devraient contraindre les pays européens à accroître le recours à l’immigration de travail dans les prochaines décennies, selon un rapport publié mercredi par le Comité d’action pour la Méditerranée (CAM).
L’étude estime que, sans nouveaux flux migratoires, l’Union européenne pourrait perdre jusqu’à 20 % de sa population en âge de travailler d’ici à 2050. La Commission européenne évoque, de son côté, une diminution de 15,6 millions d’actifs à cet horizon, puis de près de 25 millions d’ici à 2070.
Cette évolution intervient alors que plusieurs secteurs, notamment la santé, le bâtiment, l’hôtellerie-restauration et les technologies, sont confrontés à des pénuries persistantes de main-d’œuvre. Parallèlement, les pays du Maghreb disposent d’une population plus jeune mais font face à un chômage élevé et à une émigration croissante des travailleurs qualifiés.
Le rapport préconise le développement de partenariats entre l’Europe et les pays d’Afrique du Nord afin de favoriser des parcours de formation, de mobilité et d’emploi répondant aux besoins des deux rives de la Méditerranée. Il souligne également que plusieurs États européens développent déjà des politiques visant à attirer davantage de travailleurs qualifiés malgré un contexte politique marqué par une montée des partis hostiles à l’immigration.

