Gérard Dupervil naît le 6 août 1933 à Miragoâne, fils de Gilbert et de Félicie Dupervil. Initié à la musique par Augustin Brunot à la Maison centrale, il rejoint à quatorze ans le groupe Fantaisie de sa ville natale comme trompettiste et joue son premier bal le 31 juillet 1946. Doué en solfège, il initie aux premières notes deux futures figures majeures de la musique haïtienne, Nemours Jean-Baptiste et Webert Sicot. Vers dix-sept ans, il rejoint l’Orchestre Areytos des Cayes, cette fois à l’accordéon, et compose « Souvenirs des Cayes ».
Établi à Port-au-Prince, il collabore brièvement avec l’Ensemble Aux Callebasses de Nemours Jean-Baptiste en 1956, joue dans l’Orchestre Louis Lahens, et signe des arrangements pour les orchestres Choucoune, Casino et Symphonia. En 1956, il intègre le Jazz des Jeunes, dont il devient l’interprète et le compositeur phare. Multi-instrumentiste, il pratique la trompette, l’accordéon, l’harmonium, la guitare et le maraca. Parmi ses succès figurent « Fleur de Mai », « Choubouloute », « Bon Voyage », « Trahison » et « Chère Maman ». Après son départ du groupe en 1964, il fonde l’Orchestre Riverside d’Haïti.
En solo, il enregistre six albums, dont Coutt Langue (1975), Vous En Souvenez-Vous (1979), Les Succès D’Hier (1980), Chante Le Christianisme (1982) et Quand Jésus Reviendra (1987).
Atteint de glaucome, il devient aveugle dans les années 1980 et vit ses dernières années dans le dénuement à New York. Il y meurt le 12 juin 1994, à l’âge de soixante-et-un ans. Sa fille, la chanteuse Gina Dupervil, active depuis les années 1990, publie en 2001 l’album Comme Jadis, reprenant les plus grands succès de son père.

