Le dimanche 11 septembre 1988, l’église Saint-Jean-Bosco de La Saline, à Port-au-Prince, est attaquée alors que le père Jean-Bertrand Aristide y célèbre la messe devant environ un millier de fidèles. Plusieurs dizaines de civils armés, identifiés comme des « attachés » et « brassards rouges », anciens tontons macoutes pour la plupart, prennent d’assaut la chapelle.
Armés de machettes, de pieux, de couteaux et de revolvers, ils frappent enfants, femmes enceintes et vieillards. Une jeune femme enceinte est poignardée ; l’enfant sera sauvé de justesse par intervention chirurgicale. L’assaut, qui dure environ trois heures, se solde par l’incendie de l’église. Les témoignages font état d’au moins treize morts et de près de quatre-vingts blessés, certaines sources évoquant une trentaine de victimes. L’attaque, planifiée à l’avance selon les survivants, se déroule sous les yeux de l’armée et de la Croix-Rouge, sans aucune intervention, bien que l’église fasse face à une caserne.
Le père Aristide, cible principale, en réchappe. Le massacre précipite le coup d’État du 17 septembre 1988, qui renverse le général Henri Namphy et porte au pouvoir le général Prosper Avril. Les anciens généraux Namphy et Williams Régala, ainsi que l’ancien maire de Port-au-Prince, le colonel Franck Romain dit « Paka Pala », sont accusés d’en être les auteurs intellectuels. Le 11 septembre 1993, jour anniversaire du massacre, l’homme d’affaires Antoine Izméry est enlevé et assassiné lors d’une messe commémorative en l’église du Sacré-Cœur.

