En Haïti, la tenue d’élections demeure une illusion tant que les groupes armés font la loi. Dans une note de position rendue publique le 11 septembre 2026, le Réseau national d’observation (RNO) dresse un constat sévère : l’État haïtien a « cédé le monopole de la violence légitime » sur de vastes portions du territoire national, rendant impossible tout scrutin libre et crédible
Rappelant le massacre survenu à Kenscoff fin août, l’organisation dénonce la complicité passive des autorités face à la terreur imposée à la population civile. Axes routiers bloqués, racket et barrages illégaux isolent les provinces d’une capitale devenue inaccessible.
Face à cette impasse, le RNO rejette toute organisation précipitée d’un vote sans reprise préalable du contrôle territorial par la police et l’armée. L’observatoire réclame en outre la révision du décret électoral du 2 juin 2026 pour prévenir les exclusions politiques abusives, tout en appuyant l’incompatibilité des candidats sanctionnés pour corruption.
Refusant tant le renoncement démocratique qu’une mascarade électorale, le RNO exige la sécurisation des routes et des centres de vote, ainsi que des mécanismes d’inclusion pour les milliers de personnes déplacées. Sans rétablissement effectif de l’autorité publique, avertit l’organisme, aucun scrutin ne saurait produire la légitimité requise.

