La Constitution haïtienne de 1987, amendée, contient des dispositions clés régissant les finances publiques du pays. Dans son Titre VII, elle détaille les principes et mécanismes de gestion des finances de la République, comprenant les finances nationales et locales. Examinons de plus près les articles pertinents qui encadrent la gestion des finances publiques en Haïti.
L’article 217 de la Constitution établit la distinction entre les finances nationales et locales, tout en assignant à l’exécutif la responsabilité de consulter les collectivités territoriales pour toute décision touchant aux finances locales. Cette disposition reflète l’importance accordée à la consultation et à la participation des autorités locales dans la gestion des ressources financières.
L’article 218 souligne la nécessité d’une législation pour l’établissement de tout impôt au profit de l’État, ainsi que le consentement requis des collectivités territoriales pour toute charge ou imposition à leur égard. Cette disposition garantit la transparence et la légitimité de l’imposition fiscale.
L’article 219 interdit l’établissement de privilèges en matière d’impôts et spécifie que toute modification fiscale doit être effectuée par voie législative. Cela garantit l’égalité devant l’impôt et la prévisibilité des obligations fiscales.
L’article 220 établit des règles strictes pour l’octroi de pensions, gratifications, allocations et subventions financées par le Trésor Public, exigeant qu’elles soient accordées uniquement par le biais d’une loi. De plus, il précise l’indexation des pensions versées par l’État.
L’article 221 interdit formellement le cumul des fonctions publiques salariées par l’État, à l’exception de certaines fonctions spécifiques, garantissant ainsi l’indépendance et l’impartialité des agents publics.
L’article 222 prévoit que les procédures relatives à la préparation et à l’exécution du budget sont déterminées par la loi, assurant ainsi la réglementation et la transparence dans la gestion des finances publiques.
L’article 223 confie au Parlement et à la Cour Supérieure des Comptes le contrôle et l’exécution de la loi de finances, garantissant ainsi une supervision indépendante et rigoureuse de la gestion des fonds publics.
Les articles suivants précisent les modalités de gestion des comptes publics, la politique monétaire et le processus budgétaire, tout en soulignant l’importance de la transparence, de la responsabilité et du contrôle dans la gestion des finances publiques.
En conclusion, la Constitution haïtienne de 1987 amendée établit un cadre solide pour la gestion des finances publiques, garantissant la transparence, la légitimité et la responsabilité dans l’utilisation des ressources financières de l’État. Son respect et son application sont essentiels pour assurer une gestion financière efficace et équitable, contribuant ainsi au développement économique et social d’Haïti.

