Plus d’un demi-million d’enfants vivent aujourd’hui dans des quartiers contrôlés par les gangs, les exposant davantage aux risques de violence et de recrutement. Souvent contraints pour assurer la survie de leur famille ou après avoir été séparés des leurs, les enfants rejoignent aussi les gangs sous la menace ou par nécessité de protection.
Pris au piège d’une crise sécuritaire et humanitaire qui ne cesse de s’aggraver, des centaines de milliers d’enfants vivent dans la crainte quotidienne des violences et des représailles. « Les enfants en Haïti sont pris dans un cycle vicieux de souffrance », déplore la directrice de l’UNICEF Catherine Russell. « Ils sont poussés à rejoindre les gangs par pure désespoir, face aux violences horribles, à la pauvreté et à l’effondrement des systèmes censés les protéger ». Utilisés comme cuisiniers, domestiques ou éclaireurs, ces enfants perdent leur innocence et le lien avec leur communauté.
Contraints le plus souvent par la misère ou les menaces, ils rejoignent les rangs des gangs où les filles sont exploitées sexuellement, et les garçons utilisés comme espions, guetteurs ou combattants dès 14 ans. Selon les témoignages recueillis par des organisations locales, l’avenir de toute une génération est en jeu. Privés d’école ou contraints à la vie errante, des milliers d’enfants n’ont d’autre choix que de se soumettre aux gangs pour assurer leur survie alimentaire. D’autres, brisés psychologiquement par les traumatismes subis, se sont complètement coupés de leur communauté.
Alors que la violence a déjà fait plus de 2 500 morts et disparus cette année, l’avenir d’Haïti passe par la prise en charge des plus jeunes générations.

