Germine Joly, également connu sous le pseudonyme de « Yonyon », a été condamné lundi par un tribunal fédéral à Washington D.C. à 35 ans de prison. Joly, âgé de 32 ans, était le leader du gang 400 Mawozo, l’un des groupes criminels les plus redoutés d’Haïti. Ce gang a notamment été impliqué dans l’enlèvement de 17 missionnaires en 2021, un acte qui a attiré l’attention internationale et déclenché une enquête approfondie par le FBI.
Arrêté en Haïti et extradé vers les États-Unis en mai 2022, Joly a été jugé pour un complot de contrebande d’armes à feu et de blanchiment d’argent. Les procureurs fédéraux ont présenté des preuves accablantes, incluant des échanges sur WhatsApp et des achats d’armes sophistiquées. Bien que Joly ait plaidé coupable, espérant réduire sa peine à 17,5 ans, le juge a finalement opté pour une peine de 35 ans, soulignant la gravité de ses crimes.
Contrebande d’armes
Le gang 400 Mawozo, sous la direction de Joly, a orchestré une opération sophistiquée de contrebande d’armes entre la Floride et Haïti. Utilisant des intermédiaires en Floride, notamment sa cousine Eliande Tunis, le gang achetait des armes à feu et les faisait passer pour des marchandises légitimes avant de les expédier à Haïti. Ces armes étaient ensuite utilisées pour renforcer le pouvoir du gang et perpétrer des crimes violents, y compris des enlèvements, des meurtres et des vols.
Malgré son incarcération en Haïti, Joly continuait de diriger les activités du gang depuis sa cellule grâce à la complicité d’alliés, notamment Abigaëlle Hailey Germinal, surnommée « Fifi, Bel Boss », naturalisée américaine et arrêtée en novembre 2023. Joly coordonnait les enlèvements et distribuait les rançons, alimentant ainsi un cycle de violence et de terreur.
Un signal fort
La condamnation de Joly envoie un message clair aux gangs haïtiens. « Les leaders de gangs violents en Haïti qui terrorisent les citoyens américains pour financer leurs activités criminelles seront confrontés à toute la force du ministère de la Justice, » a déclaré Merrick Garland, procureur général des États-Unis. Cette position ferme vise à dissuader les gangs de continuer leurs activités criminelles en Haïti et à protéger les citoyens américains des enlèvements et des violences.

