Dans une allocution télévisée hier mercredi soir à 9h PM, le Premier ministre Garry Conille a annoncé des mesures drastiques pour lutter contre l’insécurité galopante qui paralyse le pays. Face à une situation qu’il qualifie de « désastreuse », le chef du gouvernement a déclaré l’état d’urgence sécuritaire dans 14 communes des départements de l’Ouest et de l’Artibonite, largement contrôlées par les gangs armés.
Une offensive coordonnée
« La vie quotidienne à Port-au-Prince est devenue un combat pour la survie », a déclaré Conille, reconnaissant la gravité de la situation. Pour reprendre le contrôle des quartiers tombés aux mains des gangs, le Premier ministre a ordonné le déploiement immédiat des forces de l’ordre haïtiennes, soutenues par les 400 policiers kényans récemment arrivés dans le cadre de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) approuvée par l’ONU.
Mercredi après-midi, quelques véhicules blindées transportant des policiers haïtiens et kényans ont sillonné les rues, échangeant des tirs avec des hommes armés au centre-ville de Port-au-Prince. Etait-ce une démonstration de force pour marquer le début d’une stratégie visant à « reprendre le contrôle du pays maison par maison, quartier par quartier, ville par ville », selon les mots du Premier ministre ?
Un appel à la mobilisation nationale
Conscient que la lutte contre l’insécurité ne peut se limiter à une approche purement répressive, Conille a également annoncé le lancement prochain d’une campagne nationale de sensibilisation. L’objectif est d’impliquer chaque citoyen dans la sécurisation de sa zone, tout en appelant la population à rester vigilante et calme.
Par ailleurs, le gouvernement prévoit de renforcer le système judiciaire et de lutter contre la corruption, deux aspects essentiels pour restaurer l’autorité de l’État à long terme. « Haïti ne perdra pas cette bataille, Haïti ne périra pas », a affirmé le Premier ministre, exhortant les gangs à déposer les armes et à reconnaître l’autorité de l’État.

