Plus de 800 000 Haïtiens pourraient faire face à une déportation massive en cas de victoire de Donald Trump à la prochaine élection présidentielle américaine. Cette annonce choc, faite par le juriste Frandley Denis Julien hier mardi lors de l’émission Le Point sur Radio et Télé Métropole, soulève de vives inquiétudes au sein de la diaspora haïtienne. L’ancien président républicain, connu pour sa rhétorique anti-immigration, a clairement exprimé son intention de lancer « le plus grand programme de déportation jamais réalisé » s’il retourne à la Maison Blanche.
Le sort du TPS et du programme Biden
Le Statut de Protection Temporaire (TPS) et le programme Biden (Humanitarian Parole), mis en place par l’administration Biden, sont directement dans la ligne de mire de Trump. Ces programmes offrent actuellement une protection à environ 523 000 Haïtiens, dont 214 000 bénéficiaires du TPS et 309 000 potentiellement éligibles, y compris ceux arrivés dans le cadre du programme humanitaire de deux ans.
L’administration Biden avait étendu les protections TPS en juin 2024, citant la violence persistante et l’insécurité en Haïti, ainsi que l’accès limité à la sécurité, aux soins de santé, à la nourriture et à l’eau dans le pays. Cette extension, prévue jusqu’en février 2026, pourrait être remise en question si Trump accède au pouvoir.
Un retour en arrière redouté
Le spectre d’un retour à la politique migratoire de l’ère Trump hante la communauté haïtienne. En 2020, son administration avait tenté de mettre fin au TPS pour plusieurs pays, menaçant potentiellement le statut de 400 000 immigrants de longue date aux États-Unis. Bien que bloquées par des décisions de justice, ces tentatives rappellent la volonté de Trump de durcir drastiquement la politique migratoire américaine.
Face à cette menace, M. Julien prévient que les migrants haïtiens pourraient se retrouver dans une période d’incertitude, contraints de défendre individuellement leurs dossiers devant des juges de l’immigration potentiellement influencés par les directives de l’exécutif.
Alors que l’administration Biden a ouvert des opportunités pour la diaspora haïtienne, notamment avec la nomination de Karine Jean-Pierre comme porte-parole de la Maison Blanche, l’élection de 2024 pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir de centaines de milliers d’Haïtiens aux États-Unis.

