Le Fonds d’Assistance Économique et Social (FAES) gère la majorité des ressources avec une enveloppe de 7,5 milliards de gourdes. La répartition s’effectue principalement autour de cinq axes majeurs : l’allocation aux parents d’élèves (5,76 milliards), l’appui aux ouvriers de la sous-traitance (656 millions), les transferts monétaires aux ménages vulnérables (595 millions), la distribution de paniers de solidarité (310 millions), et la réactivation des restaurants communautaires (200 millions).
Le plus vaste volet concerne l’appui aux parents d’élèves, géré par le ministère de l’Education : 261 000 bénéficiaires sont visés, avec déjà 140 861 paiements effectués via Mon Cash (68 861) via Digicel et et NatCash (72 000) via Natcom. Chaque bénéficiaire reçoit 20 640 gourdes.
Pour les ouvriers de la sous-traitance, 41 626 travailleurs des parcs industriels de Caracol et Codevi (Nord-Est) et du Parc industriel (Ouest) reçoivent entre 5 000 et 15 000 gourdes selon leur durée de service : 5 000 gourdes pour un mois, 10 000 pour deux mois, et 15 000 pour trois mois de travail.
Nourrir les vulnérables
Le programme de transferts monétaires aux ménages vulnérables cible 26 960 bénéficiaires, dont 30% dans l’Artibonite et 70% dans les 20 communes de l’Ouest. Le processus de sélection, supervisé par le MAST selon les recommandations de la Cour des Comptes, s’appuie sur les leaders communautaires pour la distribution des formulaires dans les quartiers défavorisés. Chaque bénéficiaire doit présenter une pièce d’identité valide (CIN, permis de conduire ou passeport).
Le FAES a préparé 73 645 kits alimentaires, ciblant prioritairement les personnes déplacées internes (PDI) et les rapatriés de République Dominicaine. L’Office National de la Migration coordonne la distribution aux points frontaliers, notamment à Belladère. Des restaurants communautaires sont installés à chaque point frontalier officiel pour fournir des repas chauds aux rapatriés dès leur arrivée.
Sur les 430 restaurants communautaires prévus initialement, 360 sont opérationnels après vérification du FAES. Certains établissements ont été disqualifiés pour avoir revendu les denrées destinées aux populations vulnérables. L’Artibonite et le Nord-Ouest sont exclus de certains volets faute de prestataires lors des appels d’offres.
Réinsertion et Formation
La formation professionnelle constitue un pilier majeur du PUM. Deux mille jeunes suivent des formations variées : cosmétologie, carrelage, plomberie, électricité, décoration événementielle. Chaque participant reçoit 15 000 gourdes de transfert monétaire, un kit alimentaire en ration sèche, et du matériel professionnel spécifique à leur formation lors de la graduation.
Le Centre d’Accueil de Carrefour, qui héberge 181 résidents de 5 à 32 ans, bénéficie d’une enveloppe de 75 millions de gourdes sur trois mois. Ce financement permet le réaménagement du centre professionnel, la réhabilitation de la boulangerie (pour la consommation interne et la vente), l’achat de bancs et fournitures scolaires, et l’approvisionnement de l’infirmerie en médicaments. Un programme spécial prévoit la formation de 50 jeunes aux métiers du bâtiment pendant six mois, avec des extensions prévues en électricité et informatique. Trente jeunes bénéficieront d’un plan de sortie incluant une formation en entrepreneuriat et un financement pour leurs projets.
Les autres ministères participent activement : le ministère du Commerce soutient les petites entreprises (50 millions), le MARNDR investit dans la sécurité alimentaire (245 millions) et la vaccination du bétail (100 millions), le MTPTC lance des travaux à haute intensité de main-d’œuvre dans les dix départements (131,5 millions), et le MCFDF assure l’alimentation des femmes en détention (50 millions).
Le MAST, tout en coordonnant l’ensemble, investit 25 millions dans le renforcement du SIMAST pour améliorer la gestion des programmes sociaux. Un budget de 46,5 millions est consacré au suivi-évaluation pour garantir la conformité des décaissements aux normes et préparer les rapports détaillés pour la Cour des Comptes, le ministère de la Planification et le ministère des Finances.
Le programme réaffirme ainsi la volonté de l’État haïtien de répondre aux besoins urgents des populations vulnérables tout en investissant dans des solutions durables de formation et de réinsertion sociale.

