Le film documentaire L’oubli tue deux fois de Pierre Michel Jean, récemment primé au Festival Monde en vues en Guadeloupe, explore les blessures profondes du passé entre Haïti et la République dominicaine. Ce long-métrage, qui a capturé l’attention des jurys avec une Mention spéciale et un Coup de cœur, se penche sur le massacre de 1937, un événement marquant qui a vu plus de 20 000 Haïtiens être massacrés sous le régime de Trujillo.
Pierre Michel Jean, le réalisateur, a navigué avec habileté à travers les eaux troubles de la mémoire collective, montrant comment le silence et l’oubli peuvent exacerber les plaies historiques. « L’histoire du trauma et de la honte unit les descendants des victimes et des bourreaux », a souligné le jury, admiratif de la manière dont le film aborde l’échec de la réconciliation.
Jean, qui a consacré des années à ce projet, a rencontré des résistances, notamment de la part des Dominicains impliqués dans le film, qui étaient mécontents du traitement de l’histoire. Malgré cela, il a maintenu l’intégrité du projet, affirmant que « les jurés ont su reconnaître dans ce film une justesse dans le propos. »
La reconnaissance au Festival Monde en vues n’est que le début pour ce documentaire, qui est désormais programmé dans d’autres festivals prestigieux comme Dok Leipzig en Allemagne et à New York. Pour Pierre Michel Jean, ces distinctions renforcent son engagement à poursuivre ce dialogue nécessaire entre les deux nations partageant l’île de Quisqueya.
L’oubli tue deux fois n’est pas seulement un film; c’est une invitation à la réflexion, un appel à la réconciliation et un plaidoyer pour une mémoire partagée moins conflictuelle. Le réalisateur espère que son travail contribuera à une meilleure compréhension et à une concorde future entre Haïti et la République dominicaine, soulignant l’importance de se souvenir pour guérir.
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