Dans la matinée du 11 novembre 2024, un avion de la compagnie aérienne Spirit Airlines, en approche vers l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, a été touché par quatre projectiles, forçant l’appareil à faire demi-tour et à atterrir en urgence en République dominicaine. Cet incident dramatique survient dans un contexte de violence croissante des gangs armés et de lutte de pouvoir entre le Conseil Présidentiel et le premier ministre Garry Conille, qui a finalement été limogé ce week-end.
Le vol en question, qui devait relier Fort Lauderdale à Port-au-Prince, a été immédiatement détourné après avoir subi un impact de tirs. Selon des sources sur place, au moins une hôtesse de l’air a été blessée dans l’incident. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent des marques de balles sur la carlingue de l’avion, confirmant la gravité des faits et la fragilité de la situation sécuritaire en Haiti. Spirit Airlines a confirmé l’incident et a déclaré qu’ils coopéraient pleinement avec les autorités pour une enquête approfondie.
À la suite de cet événement, d’autres compagnies aériennes commerciales et cargos ont suspendu leurs opérations vers Port-au-Prince jusqu’à nouvel ordre. Air Caraïbes, qui opérait un vol en provenance de France, a également dû rediriger son appareil vers la République dominicaine, suivant les recommandations de sécurité émises par l’Office National de l’Aviation Civile (OFNAC).
Cet incident marque la deuxième fois en quelques semaines qu’un avion est la cible de tirs dans cet espace aérien, après qu’un hélicoptère des Nations Unies avait été touché le mois dernier.
La situation sécuritaire à Port-au-Prince s’est considérablement détériorée ces derniers mois, avec des gangs armés s’affrontant pour le contrôle territorial. La coalition des gangs a récemment attaqué les zones de Solino, Fort National et Carrefour Aéroport, entraînant la destruction de nombreuses maisons à Delmas 5 et 13.
Des témoins ont fait également état de tirs nourris et de morts sur la route menant à l’aéroport, signe d’une intensification des conflits.
En réponse à l’escalade de la violence, des unités mécanisées (UDMO) ont été déployées pour tenter de contenir les groupes armés.

