La situation reste sous tension dans la capitale après qu’une opération policière majeure contre le chef de gang redouté, Jimmy Cherizier « Barbecue » a échoué à le capturer. Menée conjointement par la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les forces kenyanes de la Mission de Soutien à la Sécurité Multinationale (MSSM), l’opération visait à démanteler le bastion de Barbecue au bas de Delmas et à neutraliser ses activités criminelles.
Une offensive musclée
L’opération, lancée dimanche soir, a mobilisé plusieurs unités d’élite de la PNH, appuyées par les forces kenyanes. Les forces conjointes ont pris d’assaut la zone de Bas-Delmas, détruisant la maison de Barbecue et mettant hors d’usage un véhicule appartenant au chef de gang. Un engin de chantier utilisé par les gangs pour bloquer l’accès à leur base a également été récupéré. Selon des sources policières, plusieurs membres du gang “Viv Ansanm”, dirigé par Barbecue, auraient été “éliminés” lors de l’opération.
Des tirs nourris ont été entendus dans le quartier, tandis que des témoins ont rapporté des scènes de chaos et de panique. Malgré l’intensité de l’assaut, Barbecue et plusieurs de ses lieutenants ont réussi à s’enfuir avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Menaces et représailles
Furieux d’avoir été la cible de cette opération, Barbecue n’a pas tardé à réagir. Dans une déclaration provocante diffusée sur les réseaux sociaux, il promet de plonger Port-au-Prince dans le chaos. Accusant la PNH de lâcheté, il critique le caractère éphémère de l’intervention, affirmant que les policiers auraient dû maintenir leur présence dans son fief.
Barbecue menace les policiers, les sommant de se déplacer uniquement en véhicules blindés sous peine de représailles mortelles. Défiant les forces de l’ordre, il les exhorte à « avoir des couilles » et se dit prêt à tuer ou à mourir.
L’échec de cette opération, qui fait suite à une tentative similaire le jeudi 21 novembre, soulève de sérieuses inquiétudes quant à la capacité des forces de l’ordre à endiguer la violence des gangs qui gangrène la capitale haïtienne. La fuite de Barbecue et ses menaces de représailles risquent de plonger Port-au-Prince dans une nouvelle spirale de violence et d’insécurité.
Un contexte sécuritaire préoccupant
Cette intervention, menée trois jours après un premier raid dans la même zone, a mobilisé les unités d’élite de la PNH, telles que le GIPNH et le CIMO, appuyées par 400 policiers kenyans, issus notamment de la GSU et de la SWATT. Grâce à une surveillance par drone, les forces avaient localisé ses mouvements, mais Barbecue a réussi à s’échapper avec plusieurs membres de son gang après l’embuscade.
Selon le commandant de la MSSM, Godfrey Otunge, l’objectif reste de désorganiser les gangs, sécuriser les infrastructures stratégiques et poser les bases pour des élections générales. Il a réaffirmé la détermination des forces multinationales à restaurer la stabilité en Haïti malgré les défis. La mission de la MSSM, dirigée par le Kenya, compte actuellement 400 policiers, et 600 autres doivent arriver prochainement.
Cependant, l’efficacité de cette mission est remise en question par de nombreux Haïtiens, qui s’interrogent sur sa capacité à réellement endiguer la violence des gangs et à restaurer la stabilité dans le pays.

