Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a proposé la création d’un bureau des Nations Unies en Haïti pour fournir un soutien logistique à la mission menée par le Kenya, qui peine à lutter contre les gangs. Dans une lettre adressée mardi soir au Conseil de sécurité, obtenue par l’Associated Press, Guterres détaille son plan visant à fournir des drones, du carburant, des transports terrestres et aériens, ainsi que d’autres formes de soutien non létal.
Alors que les gangs contrôlent désormais 85 % de Port-au-Prince et que plus de 6 000 personnes ont été déplacées en un mois, Guterres souligne l’urgence d’une action rapide. Il estime que son approche progressive pourrait aider à inverser la montée de la violence. Cependant, il exclut pour l’instant l’option d’une opération de maintien de la paix.
Le bureau proposé pourrait également renforcer la Police nationale d’Haïti en centralisant les renseignements opérationnels et en assurant une surveillance par drones. Par ailleurs, la mission politique actuelle de l’ONU (BINUH) serait recentrée sur des programmes de réinsertion pour les femmes et les enfants enrôlés de force dans les gangs et sur l’appui aux poursuites judiciaires contre les criminels.
Le Conseil de sécurité a prolongé le mandat de la mission dirigée par le Kenya jusqu’en octobre 2025, mais elle manque encore cruellement de ressources. Sur les 2 500 agents prévus, seulement 1 000 sont en poste, principalement des policiers kényans. De plus, le fonds d’affectation spéciale de l’ONU ne dispose que de 110,8 millions de dollars, un montant largement insuffisant.
Guterres alerte aussi sur l’état des équipements de la mission, notant que de nombreux véhicules blindés sont inadaptés aux conditions urbaines et que la moitié des véhicules de combat sont hors service faute de pièces de rechange.
En 2024, plus de 5 600 personnes ont été tuées en Haïti, soit 1 000 de plus qu’en 2023, et plus d’un million de personnes ont été déplacées à cause des violences. Guterres insiste sur la nécessité d’un soutien accru pour endiguer cette crise humanitaire.

