La mort du pape François a plongé le Vatican dans une période de transition minutieusement réglée. Désormais, c’est le Collège des cardinaux qui tient les commandes… mais avec des limites strictes. Pas de réformes, pas de nominations : leur rôle se cantonne à maintenir l’essentiel en attendant l’élection du nouveau souverain pontife.
La Curie romaine, ce gouvernement invisible de l’Église, entre en hibernation. Les dicastères se vident de leurs responsables, à l’exception du Camerlingue. Vêtu de pourpre, ce cardinal veille aux derniers devoirs : constater le décès, sceller les appartements du pape défunt, préserver les trésors du Vatican. Trois cardinaux, choisis par le sort, l’assistent dans cette tâche solennelle.
Le 26 avril 2025, une marée humaine a submergé la place Saint-Pierre pour un ultime adieu à François. Près de 400 000 fidèles, des dizaines de dirigeants mondiaux, des dignitaires de tous les continents… Tous étaient là pour saluer celui qui, jusqu’à son dernier souffle à 88 ans, aura tenté de réformer l’Église. Aujourd’hui, sous les voûtes de Sainte-Marie-Majeure, son héritage attend son successeur.
Comment est élu le nouveau Pape ?
Le cœur du processus, c’est bien sûr le conclave. C’est dans la chapelle Sixtine que se joue l’élection. Là encore, la Constitution Universi Dominici Gregis fixe des règles strictes : seuls les cardinaux de moins de 80 ans peuvent voter. En théorie, le nombre d’électeurs est limité à 120, mais en pratique il peut être légèrement dépassé, comme c’est le cas en 2025 avec 133 cardinaux électeurs selon la journaliste Lisa Zengarini de Vatican News.

Dès le début du conclave, les électeurs prêtent serment de respecter le secret absolu. Toute communication avec l’extérieur est interdite, et des dispositifs anti-écoute sont installés dans la chapelle Sixtine pour éviter toute fuite d’information. Depuis Jean-Paul II, les cardinaux ne sont plus enfermés toute la journée dans la chapelle. Ils logent à la résidence Sainte-Marthe, à l’intérieur du Vatican, et se déplacent pour les votes.
Le système de vote a été simplifié. Fini l’élection par acclamation ou par compromis. Chaque vote se fait par scrutin secret, avec des bulletins papier. Pour être élu, un candidat doit obtenir une majorité qualifiée des deux tiers. Cette règle, renforcée par Benoît XVI, vise à garantir un large consensus autour du nouveau Pape.
Les scrutins s’enchaînent : deux votes le matin, deux votes l’après-midi. Après 33 ou 34 tours infructueux, il n’est plus possible de changer les règles pour faciliter l’élection. La majorité des deux tiers est obligatoire jusqu’au bout. Ce principe protège l’Église d’une élection à la hâte ou sous pression.
Le moment clé du conclave reste le fameux signal de la fumée. Après chaque session de vote, les bulletins sont brûlés dans un poêle spécial. Si la fumée est noire, cela signifie qu’aucun Pape n’a été élu. Si elle est blanche, c’est l’annonce que le nouveau chef de l’Église catholique est choisi.
À la fin, une fois le Pape élu et qu’il accepte sa charge, il choisit son nom de règne. Puis il est présenté aux fidèles depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre avec la fameuse annonce Habemus Papam. Dans la foulée, il commence à exercer pleinement son ministère.

