Un nouveau drame secoue le secteur humanitaire en Haïti. Les organisations Nos petits frères et sœurs (NPFS) et la Fondation Saint-Luc (FSL) ont annoncé, dans un communiqué publié dimanche, la fermeture immédiate de toutes leurs institutions après l’enlèvement de huit personnes, dont un enfant de trois ans et la responsable de l’orphelinat Saint-Hélène, l’Irlandaise Gena Heraty, dans la matinée du 3 août à Tèt Bwa-Pen, commune de Kenscoff.
L’attaque s’est produite vers 3 h du matin lorsque des hommes lourdement armés ont fait irruption dans l’enceinte de l’orphelinat. Selon la note officielle, les portes resteront fermées jusqu’à la libération sans condition de toutes les victimes. Cela inclut notamment l’hôpital Saint-Damien, l’hôpital Saint-Luc et les autres services liés au réseau NPFS-FSL.
« C’est un acte barbare et une atteinte directe à l’intégrité des structures de protection de l’enfance », dénonce le communiqué cosigné par les dirigeants des deux institutions. Il s’agit, selon eux, d’une décision difficile mais nécessaire pour protester contre l’impunité, la terreur et l’indifférence des autorités face à une crise sécuritaire devenue incontrôlable.
L’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR) a rapidement réagi, condamnant avec vigueur cet acte qualifié de « cruauté inqualifiable », mettant en péril non seulement les enfants pris en charge mais également la pérennité des services humanitaires en Haïti. L’IBESR dit rester mobilisé pour accompagner les structures d’accueil et garantir, dans la mesure du possible, la sécurité du personnel et des enfants vulnérables.
À ce jour, aucune nouvelle n’a filtré sur l’état des otages, ni sur d’éventuelles négociations. Ce kidnapping ajoute une page sombre de plus à la longue série d’attaques ciblant les acteurs humanitaires et les institutions caritatives, dans un pays où le chaos sécuritaire fragilise chaque jour davantage les services sociaux essentiels.
L’indignation est vive, tant en Haïti qu’à l’international, où Gena Heraty, engagée depuis plus de deux décennies pour les enfants haïtiens, est une figure respectée. Une mobilisation est attendue dans les prochains jours pour exiger leur libération.

